Qu’on se le dise, les six années à venir ne vont pas être de tout repos à Nandrin au niveau de la vie politique. Mardi soir, le conseil communal s’est réuni pour la première fois sous la présidence du nouveau bourgmestre Michel Lemmens. Il y avait aussi un public assez nombreux, une quinzaine de personnes, dont l’ancien bourgmestre Jospeh Nandrin. Ou l’ancien conseiller, Antoine Biémont.

Face au spectacle présenté par Guy Mottet (Tous Ensemble), certains, dont Joseph Nandrin, n’ont pas tenu le coup jusqu’à la fin. L’ancien mayeur a dû prendre un coup au moral de voir ce conseil communal partir en vrille alors que les interventions des conseillers avaient toujours été bien cadrées par le passé.

Est-ce la faute au nouveau bourgmestre? Non, même s’il a pu être pris en défaut sur l’un ou l’autre point. Comme celui de ne pas avoir inscrit à l’ordre du jour la présentation du rapport annuel d’activités. Mais face à Guy Mottet qui tirait sur tout et qui gesticulait dans tous les sens tel un enfant qui veut se faire remarquer, Michel Lemmens est parvenu à garder son calme tout en recadrant, à de trop nombreuses reprises, le bientôt ancien président du CPAS.

D’entrée de conseil, Marc Évrard, pour le groupe Pour Nandrin, avait déjà donné le ton. «Pour Nandrin s’abstiendra sur tous les points présentés ce soir. Notre groupe a introduit un recours au Conseil d’État par rapport aux élections et ne considère pas, jusqu’à nouvel ordre, la légitimité de notre assemblée.»

Ce qui, en cours de conseil, vaudra une pique décochée par Michel Lemmens : «Monsieur Évrard, votre groupe ne respecte pas la démocratie.» On pourrait ergoter sur la manière dont Pour Nandrin a pris pour principe de se retrancher derrière les problèmes liés au scrutin à Nandrin. Dans l’ensemble, leurs interventions sur le budget étaient constructives. Le groupe avait des questions, il a obtenu des réponses.

De même pour le groupe Tous Ensemble. La plupart des membres se sont intéressés à plusieurs points du budget. À chaque fois, Michel Lemmens leur a fourni une réponse. Mais c’est vraiment avec Guy Mottet, situé face à Michel Lemmens, en opposition directe, que le courant n’est pas passé.

Le budget 2013 n’est pas un budget politique, a rappelé le bourgmestre. Il a été monté en trois jours afin de permettre à la commune de pouvoir fonctionner. Les orientations politiques, fruit du nouveau collège et de ses trois tendances (PS, Écolo et cdH) seront déterminées dans les mois à venir. «Ai-je été appelé pour réaliser le budget, interroge Guy Mottet, toujours membre du collège jusqu’en janvier en tant que président du CPAS. Je n’y ai pas été convié.» Réponse de Michel Lemmens : «vous n’étiez pas présent au collège du 6 décembre. D’ailleurs, on ne vous y voit plus depuis trois mois.»

Guy Mottet continuait en «pinaillant» sur des détails de vocabulaire. Ce qui avait le don d’agacer Michel Lemmens. «Ce n’est pas le cirque Monsieur Mottet. Vous pouvez faire des remarques mais je vous inviterai à rester sobre.» Et dans le public, on entendait les soupirs monter à chaque sortie du président du CPAS. «On n’aurait pas eu à débattre de tout ça si vous nous aviez conviés avant», peste le représentant de Tous Ensemble.

Même du côté de Pour Nandrin, on ne semblait plus trop apprécier le one-man-show de Guy Mottet. S’il s’en amusait au début, Marc Évrard a demandé à ce qu’on respecte le droit de préséance afin d’obtenir la parole. Réaction de Guy Mottet : il ricane. «On ne le reconnaît pas, il est intarissable», remarque Marc Évrard à propos du président de CPAS qui n’était pas spécialement bavard quand il se trouvait dans la majorité. «L’opposition, ça vous change un homme», sourit l’échevin Brassel.